Interview à la ferme

Missing Bernadette Hourtolou, le 22 mai 2014 20:17:37

Ce matin, des journalistes en herbe de l'école de Barberêche sont venus, avec leur maîtresse et un journaliste de Radio Fribourg, poser des questions sur son métier à Elsbeth Aeberhard au Petit-Vivy. Les questions étaient pertinentes mais il n'était pas toujours facile d'y répondre.La première, depuis quand faites-vous de l'écologie? permettait d'introduire la particularité de la ferme du Petit-Vivy et de ses propriétaires. En 1998, Elsbeth recevait le prix Mondial en matière d'initiative rurale. Un prix européen et un prix au niveau fédéral allaient récompenser le couple et s'ajouter au prestigieux premier pour l'installation de panneaux solaires pour éclairer l'étable: 194 panneaux posés sur le toit...Toujours dans cette démarche écologique, un projet de récupération de méthane peine à voir le jour à cause de tracasseries administratives.
Combien de bêtes avez-vous et quelles productions faites-vous dans votre ferme? Une centaine de bêtes à peu près à la ferme, dont 40 vaches laitières, traites deux fois par jour, dans la salle de traite. Cremo passe collecter le lait deux fois par jour qui servira à fabriquer Vacherin et Gruyère.
Le prix du lait a été demandé: 0,70...mais la production revient plus cher que le prix de vente du litre. Un cahier des charges très strict est à respecter, par exemple il est absolument interdit de donner aux vaches de l'ensilage. Il y a aussi quelques chèvres, de la volaille: Khadafi, le roi hurleur de la basse-cour, des oies, un canard, des poussins, un chien, un paon chez les voisins et des chevaux...bref! beaucoup de choses à voir pour les enfants des écoles.
Car en effet, et c'est la réponse à une question des enfants, Avez-vous un autre métier? les Aeberhard font partie de l'association "L'école à la ferme", dont le but est de permettre aux élèves de connaître la réalité d'une exploitation agricole et la production de denrées alimentaires de proximité et respectueuse de l'environnement. Sous la conduite de Beat ou Elsbeth, les enfants découvrent le circuit du lait et de ses dérivés, des oeufs, du maïs...Tous les sens sont mis à contribution et parfois les sensations révisées. A la question d'une élève: N'êtes-vous pas gênée par les odeurs de la ferme? , Elsbeth a précisé que aussi bien son mari que les salariés agricoles se lavaient et se changeaient avant de rentrer manger dans la cuisine et que, d'autre part, la notion de bonne ou mauvaise odeur était très relative, mentionnant la gêne provoquée par un parfum dans un espace clos, un train par exemple.
Les points positifs et négatifs du métier ont été demandés; citons-en quelques-uns: la chance d'avoir son mari à ses côtés toute la journée, d'avoir pu être présente à ses enfants lorsqu'ils étaient petits, la vie dans la nature, les relations...
Pour les points négatifs: les bêtes dont on doit se séparer un jour, les évènements tristes de la vie, et les tracasseries administratives.Enfin, au Petit-Vivy, on peut venir dormir sur la paille, ou bien sous des tipis ou encore en chambre d'hôtes

Et justement hier soir ils sont arrivés...les indiens et les cow-boys: les indiens, plutôt adultes, ont dormi sous les tipis mais sur de bons matelas, les cow-boys,eux, ont dormi sur la paille...Mais avant, on a pu les voir passer en courant et riant, en pyjama, la brosse à dents ou la trousse de toilette à la main, sur la route devant le ranch...Sans doute la salle de bains était-elle entre le saloon et le village des indiens...Ce matin, c'est l'heure du petit-déjeuner sous le hangar...Il semblerait que les énergies soient à la baisse...Peut-être la nuit a-t-elle été perturbée par le passage des diligences qui s'apprêtaient à traverser le grand canyon de Grimoine?

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